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Réglage

Le phénomène El Niño a des répercussions dans la Corne de l'Afrique

Bakou, 20 août, AZERTAC

Les nouvelles prévisions climatiques de l’ICPAC, élaborées avec les services météorologiques et hydrologiques nationaux de la région, annoncent des conditions particulièrement importantes pour la Corne de l’Afrique durant la période d’octobre à décembre 2026. Cette saison des pluies est essentielle pour de nombreux pays de la région, car elle représente une part importante des précipitations annuelles. Elle peut notamment fournir jusqu’à 70 % des précipitations annuelles dans certaines zones de l’Éthiopie, du Kenya et de la Somalie, et jusqu’à 40 % dans certaines parties du Rwanda, du Burundi, de la Tanzanie et de l’Ouganda, selon l’Organisation météorologique mondiale.
Pour le dernier trimestre de 2026, les prévisions indiquent une probabilité élevée de précipitations supérieures à la normale dans une grande partie de la Corne de l’Afrique. Cette situation serait principalement liée au développement d’El Niño, qui devrait se renforcer vers la fin de l’année, ainsi qu’à une phase positive du dipôle de l’océan Indien (IOD) attendue entre août et octobre. La combinaison de ces deux phénomènes climatiques est généralement associée à une augmentation des précipitations dans certaines régions de l’Afrique de l’Est.
Les zones les plus susceptibles de connaître une intensification des pluies sont notamment le sud de l’Éthiopie, le centre et le sud de la Somalie ainsi que le nord-est du Kenya. L’ICPAC estime à environ 90 % la probabilité d’une intensification des précipitations dans ces secteurs. Des cumuls saisonniers dépassant 400 mm sont également fortement probables dans certaines parties du centre et du sud de la Somalie, du centre du Kenya, du bassin du lac Victoria, du Burundi, de l’ouest du Rwanda et de l’ouest de la Tanzanie.
Ces pluies pourraient avoir des effets positifs importants sur les populations et les activités agricoles et pastorales. Une meilleure disponibilité de l’eau permettrait notamment de reconstituer les ressources en eau et d’améliorer les pâturages, ce qui serait favorable à l’élevage et au bétail. Dans les zones ayant subi des périodes de sécheresse, ces précipitations pourraient donc contribuer à améliorer les conditions de vie et la sécurité alimentaire.
Cependant, l’abondance des pluies représente également un risque important d’inondations. Des précipitations excessives pourraient provoquer des pertes humaines, détruire des cultures et endommager des routes, des bâtiments et d’autres infrastructures essentielles. Elles pourraient aussi favoriser la propagation de maladies hydriques et vectorielles et compliquer l’accès aux services de santé, de nutrition et aux autres services essentiels. Les organisations humanitaires et les autorités sont donc invitées à se préparer à ces risques et à mettre en place des mesures préventives.
Le début de la saison des pluies devrait être précoce ou normal dans une grande partie de l’est et du sud de la région. Cette tendance concerne notamment la Somalie, le centre et l’est du Kenya, le sud de l’Éthiopie et une grande partie de la Tanzanie. Les températures devraient, quant à elles, être supérieures à la moyenne dans une grande partie de la région, avec les probabilités les plus élevées dans l’est du Kenya, en Éthiopie, en Érythrée, à Djibouti et dans une grande partie de la Somalie.
Pour aider à anticiper la situation, l’ICPAC compare les conditions actuelles avec celles observées lors des années 1997 et 2023, considérées comme des années analogues. Ces deux années avaient également été marquées par des conditions plus humides que la normale dans une grande partie de la région. Toutefois, l’ICPAC souligne que chaque épisode d’El Niño est différent et que ces années analogues servent uniquement de référence pour la préparation. Les prévisions de 2026 restent la principale base pour prendre des décisions.
Ces perspectives ont été présentées lors du Forum sur les perspectives climatiques de la Corne de l’Afrique, organisé à Kigali, au Rwanda, les 17 et 18 août 2026. La réunion a rassemblé des représentants des dix pays concernés ainsi que des acteurs de secteurs tels que l’agriculture, l’élevage, l’eau, la santé, la gestion des catastrophes, l’aide humanitaire et le développement.
Enfin, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) doit publier une nouvelle mise à jour mondiale sur El Niño le 3 septembre 2026. Cette mise à jour permettra de compléter les prévisions régionales de l’ICPAC et d’aider les gouvernements, les organisations humanitaires et les autres acteurs concernés à mieux anticiper les conséquences possibles des pluies et des températures attendues. L’objectif principal est de transformer les prévisions climatiques en actions préventives, afin de profiter des effets positifs des pluies tout en réduisant les risques liés aux inondations et aux catastrophes.

 

Environnement 2026-08-20 17:37:00