


L'exercice militaire en cours des Etats-Unis et de la Corée du Sud fortement revu à la baisse
Bakou, 19 août, AZERTAC
La Corée du Sud et les Etats-Unis sont en train de réduire, à la demande de Washington, la durée de leur grand exercice combiné annuel qui a débuté lundi, tandis que les entraînements qui étaient prévus sur le terrain devraient également voir leur ampleur diminuer, a annoncé l'armée sud-coréenne ce mercredi, indique l’agence de presse Yonhap.
Les deux pays alliés ont accepté de couper de près de moitié la durée de l'exercice Ulchi Freedom Shield (UFS), qui devait initialement se dérouler jusqu'à jeudi de la semaine prochaine, a indiqué le Comité des chefs d'état-major interarmées (JCS). A la place, il prendra fin ce vendredi.
Les manœuvres de terrain, une partie essentielle de cet entraînement, seront également réduites dans une certaine mesure mais les discussions n'ont pas encore abouti entre les deux armées pour ce qui est des détails.
Le JCS a précisé que le Commandement des forces combinées (CFC), l'état-major qui supervise les exercices conjoints, a déjà pris en compte ces ajustement puisqu'il mène cet exercice depuis deux postes de commandement, l'un installé au bunker militaire CP Tango à Seongnam, dans la banlieue sud de Séoul, et l'autre à Camp Humphreys, la plus importante base militaire américaine en Corée du Sud, située à Pyeongtaek, dans l'ouest du pays. Ce dernier fait office de QG du CFC en temps de paix.
«La Corée du Sud et les Etats-Unis ont accepté de discuter et d'appliquer diverses mesures à partir de maintenant afin d'accomplir les objectifs de l'exercice UFS et établir une posture combinée de défense robuste», a commenté le JCS.
Cela intervient trois jours après des propos de Trump sur un réseau social qui indiquaient que l'ordre avait été passé de réduire l'ampleur des exercices militaires conjoints menés régulièrement chaque année par les Etats-Unis et la Corée du Sud, dans le but de ne pas envoyer le mauvais signal à la Corée du Nord.
Pour justifier sa décision, Trump a mentionné l'attitude «non menaçante» qu'a adoptée le Nord à chaque fois qu'il a été à la tête des Etats-Unis et que cet exercice enverrait à Pyongyang un message «totalement inapproprié et hostile». Il a aussi évoqué le coût de cet exercice et a avancé que Séoul aurait refusé de contribuer à la «dénucléarisation» de l'Iran. Pyongyang condamne régulièrement ces manœuvres comme étant des répétitions en vue d'une invasion de son territoire, bien que Séoul et Washington insistent sur leur nature purement défensive.
Le département américain de la Défense avait déclaré plus tôt qu'il travaillait «activement» à l'application de la directive de Trump. Les premiers signes de ces ajustements pouvaient être aperçus mardi lorsque le général Xavier Brunson, qui porte la double casquette de commandant des Forces américaines en Corée du Sud (USFK) et du CFC, a fait une visite non annoncée au ministère de la Défense à Séoul pour s'entretenir avec son chef, Ahn Gyu-back.
L'exercice UFS comprend deux principales composantes : un exercice de simulation réalisé par l'état-major et des opérations d'ampleur sur le terrain. A la base, c'étaient 14 manœuvres de terrain qui étaient prévues au niveau des bataillons ou supérieur, soit moins que les 17 qui avaient été menées l'année passée. Ce serait la seconde moitié de l'exercice, qui se base sur des scénarios de contre-attaque en cas d'agression ennemie, qui aurait été annulée.
La situation n'est pas nouvelle. Déjà lors du premier mandat de Trump, les exercices combinés avaient été revus à la baisse en 2019 au plus fort des négociations directes entre Washington et Pyongyang sur la dénucléarisation de la péninsule.
Malgré les propos de Trump, le Nord a déjà dénoncé l'exercice de cette année et a mené ses propres tests d'armes dans ce qui semblait être un signe de protestation.
Il se pourrait toutefois qu'une reprise du dialogue entre Trump et le dirigeant Kim Jong-un soit le but recherché par Trump. Selon un article publié mardi par le Wall Street Journal, le président américain essaierait d'organiser une rencontre en personne avec Kim, si possible cet automne lorsqu'il se rendra en Chine pour participer au sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec).
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