


« Le Tapis de la Vie » : à Pau, les fils racontent aussi des histoires
Paris, 2 octobre, AZERTAC
À Pau, le deuxième atelier du projet « Le Tapis de la Vie » a réuni passionnés de textile, curieux et acteurs de la filière autour d’une même ambition : faire du tissage un espace de transmission, de rencontre et de mémoire.
Et si un tapis pouvait raconter une vie ? C’est toute l’idée du projet « Le Tapis de la Vie », porté par le BA Cultural Center. À l’occasion de ce deuxième atelier, les participants ont découvert les différentes techniques du tissage ainsi que les étapes de transformation de la laine, tout en partageant leurs souvenirs et leurs expériences liés au monde du textile.
Au fil des échanges, les savoir-faire familiaux et régionaux ont naturellement trouvé leur place. Certains participants ont évoqué la tapisserie, d’autres l’élevage, la laine, les fibres naturelles ou encore les gestes transmis de génération en génération. L’atelier s’est ainsi transformé en un véritable espace de dialogue, où chaque témoignage venait enrichir l’histoire collective du tapis.
Parmi les temps forts de la rencontre, Dorothée Deudon, lainière par passion, a présenté le parcours d’une toison de brebis, de sa matière brute jusqu’à sa transformation en fil.
Lavage, cardage, préparation des fibres, puis filage au fuseau : les participants ont pu observer les différents gestes nécessaires à chaque étape et découvrir notamment l’utilisation de fuseaux traditionnels.
Cette démonstration a permis de mesurer le travail nécessaire avant même que la laine ne devienne un fil, puis un tissage. Elle a également rappelé l’importance de pratiques anciennes qui ont longtemps fait partie de la vie quotidienne, notamment pour la confection des vêtements et des objets textiles.
Pour Billura Bernard, fondatrice de l’association, le projet ne se limite toutefois pas à la transmission d’une technique.
« Le but est justement de travailler ensemble avec les éleveurs, les producteurs de laine et les différents acteurs de la filière », explique-t-elle.
Cette démarche vise à valoriser les savoir-faire locaux et à faire découvrir l’ensemble du parcours de la laine, depuis l’élevage jusqu’au tissage.
Originaire d’Azerbaïdjan, Billura Bernard a grandi dans le village caucasien de Lahydj, où elle a appris dès l’âge de cinq ans à fabriquer des tapis. Cette expérience personnelle constitue l’un des fondements du projet, qui entend faire dialoguer traditions, générations et territoires.
De la toison au fil, puis du fil au tapis, « Le Tapis de la Vie » rappelle ainsi que le patrimoine textile ne se résume pas à des techniques et à des objets. Il est aussi constitué de rencontres, de souvenirs, de gestes et d’histoires humaines.
Car derrière chaque nœud se trouvent une vie, une mémoire et une transmission.