


L'OIM alerte sur l'essor de la traite liée aux centres d'arnaques en ligne en Afrique de l'Ouest et du Centre
Bakou, 31 juillet, AZERTAC
L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a alerté jeudi, à l'occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la traite des êtres humains, sur l'essor d'une nouvelle forme de traite en Afrique de l'Ouest et du Centre, où des réseaux criminels recrutent des personnes au moyen de fausses offres d'emploi avant de les contraindre à travailler dans des centres d'arnaques en ligne.
Longtemps associé à l'Asie du Sud-Est, ce phénomène s'étend désormais à l'Afrique de l'Ouest et du Centre, selon l'organisation onusienne. Les victimes sont attirées par des promesses d'emploi à l'étranger, souvent relayées sur les réseaux sociaux, avant de se voir confisquer leurs documents d'identité, placées sous surveillance, endettées de force et contraintes de participer à des escroqueries en ligne.
L'OIM souligne que les méthodes employées par les trafiquants restent similaires à celles observées dans d'autres formes de traite, notamment le recours à des visas touristiques à la place de permis de travail, la servitude pour dettes et la tromperie sur les conditions réelles d'emploi.
« Qu'une personne soit exploitée dans un foyer, une ferme, une mine, dans la rue ou derrière un écran, elle est victime de traite dès lors que la coercition, la tromperie ou l'abus sont en jeu », a déclaré Sylvia Ekra, directrice régionale de l'OIM pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Elle a appelé à considérer les personnes forcées de participer à des arnaques en ligne comme des victimes nécessitant protection et accompagnement, plutôt que comme des auteurs d'infractions.
Selon les données de l'organisation, les flux de traite ne se limitent pas aux routes migratoires vers l'Europe ou les pays du Golfe. Entre 2017 et 2026, quatre des dix principaux pays de destination des victimes assistées par l'OIM se situaient en Afrique de l'Ouest et du Centre, illustrant l'importance de la traite intra-africaine.
Au 16 juillet 2026, l'OIM avait assisté 1 513 victimes de traite dans la région, dont 1 022 femmes et 491 hommes. Depuis 2017, l'organisation indique avoir pris en charge 12 308 victimes, parmi lesquelles 3 185 hommes.
Les femmes demeurent les principales victimes d'exploitation sexuelle, de servitude domestique et de mariages forcés, tandis que les hommes et les garçons sont davantage ciblés pour le travail forcé, la mendicité forcée, l'exploitation dans les mines et l'agriculture, ainsi que, de plus en plus, pour la criminalité forcée en ligne.
« Les réseaux de traite opèrent à travers les frontières, les corridors, les communautés, les espaces numériques et les marchés du travail. La protection ne peut s'arrêter à une frontière ou à un point de retour », a ajouté Sylvia Ekra, plaidant pour une approche fondée sur les routes migratoires afin d'assurer l'identification, la protection et l'accompagnement des victimes tout au long de leur parcours.
En Afrique de l'Ouest et du Centre, l'OIM accompagne les gouvernements, les organisations de la société civile et les communautés dans le renforcement des mécanismes de protection des victimes. L'organisation fournit notamment un hébergement sécurisé, une assistance juridique et psychosociale, un appui au retour volontaire et à la réintégration, ainsi qu'un soutien à la documentation.
L'agence des Nations unies affirme également agir sur les facteurs de vulnérabilité exploités par les trafiquants, tels que le chômage, la pauvreté, le manque d'opportunités économiques et l'accès limité à l'éducation. Elle mène, en parallèle, des campagnes de sensibilisation auprès des communautés, des établissements scolaires, des médias et des réseaux de migrants afin d'alerter sur les risques liés aux recrutements frauduleux, aux arnaques en ligne et à la migration irrégulière. (Agence Anadolu)
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