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Le 30 juillet, c’est la Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains

Bakou, 30 juillet, AZERTAC
Le thème de la Journée mondiale contre la traite des personnes 2026, « Piégés derrière l’escroquerie », attire l’attention sur une forme de traite des êtres humains en pleine expansion, dans laquelle des groupes criminels organisés transnationaux exploitent des personnes pour commettre des fraudes financières à grande échelle. Les victimes sont exploitées à des fins criminelles et contraintes de participer à des opérations d’escroquerie en ligne. Cette forme d’exploitation est étroitement liée à la cybercriminalité, à la fraude financière, au blanchiment d’argent et à la corruption, ce qui démontre la nature de plus en plus interconnectée du crime organisé.
Comment les victimes se retrouvent-elles piégées
Les trafiquants recrutent souvent leurs victimes par le biais de fausses offres d’emploi promettant des opportunités professionnelles légitimes à l’étranger. Croyant accepter un véritable emploi, les victimes se rendent dans un autre pays pour se retrouver enfermées dans des complexes illégaux dédiés à l’escroquerie.
Au sein de ces complexes, les victimes sont contraintes de se livrer à des fraudes en ligne, notamment des escroqueries sentimentales, des fraudes liées aux cryptomonnaies et d’autres stratagèmes en ligne ciblant des personnes partout dans le monde. Elles sont maintenues sous surveillance constante et soumises à la violence, aux menaces, à la servitude pour dettes et à des quotas de travail exigeants, ce qui les laisse prisonnières d’un climat de peur avec peu de possibilités de s’échapper.
Un crime mondial coûteux
En Asie de l’Est et du Sud-Est, l’ONUDC estime que les escroqueries ont entraîné entre 18 et 37 milliards de dollars américains de pertes financières pour la seule année 2023. Une grande partie de ces pertes est liée à des escroqueries perpétrées par des groupes criminels organisés basés dans la région.
Renforcer les enquêtes
L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) aide les pays d’Asie du Sud-Est à améliorer l’identification des victimes, les enquêtes et les poursuites judiciaires liées à la traite à des fins de criminalité forcée, à la fraude cybercriminelle et au blanchiment d’argent. Cela passe notamment par des formations avancées, un soutien aux groupes de travail spécialisés et une coopération transfrontalière renforcée.
Actualiser la législation face à la criminalité moderne
L’ONUDC conseille également les pays sur les réformes juridiques nécessaires pour poursuivre l’ensemble des infractions liées à la criminalité transnationale organisée, notamment le blanchiment d’argent à grande échelle, la cybercriminalité et la corruption.
Une action transfrontalière
Ces infractions s’étendant souvent sur plusieurs pays, la coopération internationale est essentielle. La Convention des Nations Unies contre la cybercriminalité, adoptée par l’Assemblée générale en décembre 2024, offre un nouveau cadre mondial visant à renforcer la coopération contre la criminalité numérique, la fraude en ligne et la criminalité organisée facilitée par les technologies.
Cette convention favorise une coopération internationale plus rapide ainsi qu’une collecte et un partage plus cohérents des preuves électroniques, aidant ainsi les autorités à enquêter et à démanteler les réseaux criminels opérant au-delà des frontières.
Un appel à l'action
À l'occasion de la Journée mondiale contre la traite des personnes 2026, l'ONUDC appelle à renforcer les mesures visant à protéger les victimes et à améliorer la coopération transfrontalière entre les autorités judiciaires et les forces de l'ordre. Ces efforts sont essentiels pour démanteler les groupes criminels organisés à l'origine des opérations d'escroquerie liées à la traite des personnes.
Exploitation sexuelle, travail forcé, esclavage...
La traite des personnes constitue un crime majeur et une grave violation des droits de l'homme. Chaque année, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants tombent entre les mains de trafiquants, dans leur propre pays et à l'étranger. Presque tous les pays du monde sont touchés par la traite, que ce soit en tant que pays d'origine, de transit ou de destination des victimes. L'ONUDC, en tant que gardien de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (UNTOC) et des Protocoles s'y rapportant, aide les États dans leurs efforts pour mettre en œuvre le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes .
Le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes définit la traite des personnes comme e recrutement, le transport, le transfert, l'hébergement ou l'accueil de personnes, au moyen de la menace ou de l'usage de la force ou d'autres formes de coercition, d'enlèvement, de fraude, de tromperie, d'abus de pouvoir ou d'une situation de vulnérabilité ou de l'offre ou de la réception de paiements ou d'avantages pour obtenir le consentement d'une personne ayant autorité sur une autre personne, à des fins d'exploitation. L'exploitation comprend, au minimum, l'exploitation de la prostitution d'autrui ou d'autres formes d'exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l'esclavage ou des pratiques analogues à l'esclavage, la servitude ou le prélèvement d'organes.
La Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains a été créée par l'Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution A/RES/68/192.
Le saviez-vous :
74 % des trafiquants opèrent au sein de groupes criminels organisés.
En 2022, des victimes de 162 nationalités ont été trafiquées vers 128 pays différents.
Environ 70 % des personnes ayant fait l'objet d'une enquête, d'une poursuite ou d'une condamnation pour traite en 2022 étaient des hommes.
Les victimes originaires d'Afrique constituaient le groupe le plus touché par la traite des êtres humains. Elles représentaient 31 % des flux transfrontaliers. (ONU)

Societe 2026-07-30 15:05:00