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Émeutes en Nouvelle-Calédonie : Le gouvernement déploie l’armée et interdit TikTok

Bakou, 16 mai, AZERTAC

Le premier ministre français Gabriel Attal a annoncé mercredi soir le déploiement de l’armée pour « la sécurisation d’un certain nombre d’infrastructures notamment les ports et les aéroports » ainsi que l’interdiction du réseau social TikTok dans l’archipel.
En ouverture de la cellule de crise interministérielle réunie Place Beauvau, le chef du gouvernement a estimé que « la situation en Nouvelle-Calédonie est grave ».
Dans le détail, l’état d’urgence entré en vigueur à 20 heures (heure de Paris), a été mis en place pour permettre d’adopter plusieurs mesures de restrictions de liberté.
Gabriel Attal a par ailleurs indiqué que le Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, Louis Le Franc, a acté « un couvre-feu et interdit TikTok » dans l’archipel calédonien.
En parallèle, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a annoncé avoir signé mercredi soir « les 5 premiers arrêtés d’assignation à résidence de responsables radicaux et violents ».
« Sur mon instruction, des perquisitions administratives seront menées par les forces de l’ordre immédiatement » a-t-il poursuivi.
De son côté, Emmanuel Macron présidera une réunion de suivi jeudi matin.
À ce stade, 4 personnes sont décédées en marge des émeutes qui sévissent depuis deux nuits consécutives, dont un gendarme, qui a succombé à ses blessures après avoir été touché par balle.
Ces émeutes interviennent en réaction au débat, à l'Assemblée nationale, sur le projet de réforme constitutionnelle portant dégel du corps électoral de l'archipel calédonien et son élargissement aux Français qui ne sont pas originaires de Nouvelle-Calédonie.
Ce projet est fortement contesté par les autochtones Kanaks qui représentent près de 40% de la population et qui redoutent une perte de poids électoral par le biais de cette réforme.
Le projet a été discuté pendant deux jours (13-14 mai courant), puis adopté par l'Assemblée nationale française, tard dans la nuit de mardi à mercredi, avec 351 voix « pour » et 153 « contre ».
Il avait été déjà adopté par le Sénat, le 2 avril dernier, avec 233 voix pour et 99 contre, doit être validé par les deux chambres du Parlement réunis en Congrès.
Toutefois, le président Macron « a proposé d'inviter à Paris l'ensemble des parties néo-calédoniennes pour une rencontre avec le gouvernement visant à relancer le dialogue ».
Le chef de l’Etat a également promis qu'il ne convoquerait pas –« dans la foulée » d'une éventuelle adoption du texte - le Congrès du Parlement, nécessaire pour modifier la Constitution, afin de laisser une dernière chance aux discussions entre les parties locales ».
Pour rappel, le corps électoral en Nouvelle Calédonie avait été gelé grâce à une révision constitutionnelle en février 2007.
Cependant, et malgré ce gel, les autochtones Kanaks, dit aussi « indépendantistes », ont perdu les 3 référendums sur l'indépendance, tenus entre 2018 et 2021, ce qui a permis à l'archipel de rester français.
Par le dégel du corps électoral, le gouvernement français veut, aujourd'hui, permettre à environ 25 mille personnes de nationalité française, mais pas forcément Calédoniens, d'intégrer les listes électorales des provinciales.
Cet élargissement du corps électoral est présenté par le gouvernement français comme indispensable pour la « constitutionnalité du prochain scrutin ». (Anadolu)

Monde 2024-05-16 10:47:00