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Réglage

RDC : 1,3 million de personnes déplacées par les violences dans l’Est

Bakou, 27 mars, AZERTAC

Plus 1,3 million de personnes ont été déplacées par les violences dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), s’est alarmée mardi l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), demandant une action immédiate face aux risques accrus pour les déplacés dans ce pays de la région des Grands Lacs, selon le site officiel de l’ONU.
Alors que la violence actuelle dans les régions orientales de la RDC atteint un « niveau dévastateur », le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) tire la sonnette d’alarme.
« Deux années de conflit cyclique dans les territoires de Rutshuru et de Masisi au Nord-Kivu ont forcé plus de 1,3 million de personnes à fuir leurs maisons en RDC, conduisant à un total de 5,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri », a déclaré lors d’un point de presse à Genève le porte-parole du HCR, Matthew Saltmarsh.
Depuis les violents affrontements qui ont eu lieu le 7 février dans la ville de Sake, dans le territoire de Masisi, près de 300.000 personnes sont arrivées dans la ville de Goma et ses environs. De nouveaux déplacés qui viennent grossir des sites spontanés et officiels alors qu’ils cherchent désespérément à s’abriter des bombardements aveugles et d’autres violations des droits de l’homme.
« Sur place, les conditions sont désastreuses car les besoins croissants en matière d’abris, d’installations sanitaires et de moyens de subsistance dépassent les ressources disponibles », a ajouté Matthew Saltmarsh.
Au Sud-Kivu voisin, 85.000 personnes supplémentaires ont fui les mêmes violences et ont cherché refuge dans la région de Minova. En janvier, la ville de Minova accueillait déjà plus de 156.000 personnes déplacées, la majorité d’entre elles vivant dans des abris de fortune.
Depuis 2021, la province du Nord-Kivu, à l’est de la RDC, connaît un regain de violences entre les forces gouvernementales et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23). Le HCR évoque la poursuite d’une tendance profondément troublante « de l’utilisation accrue de l’artillerie lourde dans le conflit, avec des rapports de bombardements ciblant des sites civils à Minova ».
En outre, les partenaires humanitaires ont observé « des incursions systématiques » de groupes armés dans des structures civiles telles que les sites de déplacement, les hôpitaux et les centres de santé. En 2023, 25 écoles ont été occupées par des groupes armés non étatiques dans les seuls territoires de Masisi et de Rutshuru, et 17 autres écoles ont été attaquées. En 2024, sept écoles ont été détruites par des bombardements.
Dans ce climat d’insécurité, le pillage des médicaments et du matériel essentiel dans les centres de santé au cours des dernières semaines a encore entravé la capacité des humanitaires à soutenir les personnes déplacées.
Des centaines de milliers de personnes ont été identifiées comme déplacées derrière les lignes de front dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Nyiragongo, coupées de toute aide.
A noter que le HCR n’a reçu que 14% des 250 millions de dollars nécessaires à sa réponse en RDC en 2024.

 

Monde 2024-03-27 18:14:00